-Nos périples-Arménie

Arménie, ce petit pays méconnu.

Arménie, ce petit pays méconnu.

Du 15 août au 13 septembre 2023, (2065kms parcourus)

1. L'arrivée.

15 août 2023 : nous revoilà dans l’ambiance du début. De plus en plus, nous quittons notre zone de confort et entrons en terre inconnue. Notre prochaine aventure commence…

L’arrivée se déroule déjà bien. Bien-sûr, le passage de frontière prend un peu de temps. Avant tout, le paiement de l’écotaxe directement à la douane. Ensuite, il faut encore souscrire une assurance pour notre fourgon, mais nous l’obtenons directement après avoir passé la barrière auprès d’un des nombreux bureaux. Nous payons 15 € pour les 30 jours que nous prévoyons rester en Arménie. Voilà, nous avons déjà franchi les premiers obstacles importants.

Notre première ville est Alaverdi, où se trouve une ancienne usine de cuivre, une ambiance spéciale mais intéressante. Ici, nous réussissons à nous procurer très rapidement notre nouvelle carte SIM et nous avons la chance, comme en Géorgie, d’avoir un accès illimité à Internet pour notre séjour. Cela nous facilite déjà un peu la vie. Les gens que nous rencontrons sont très sympathiques, la vie semble simple. 

Les supermarchés sont différents et lorsque nous remplisson notre reservoir d’eau, une famille nous offre déjà un morceau de gâteau fait maison. L’arrivée ne pourrait pas être plus belle.

Nous commençons notre séjour en Arménie par un après-midi tranquille avec vue sur la vallée et les chansons de Charles Aznavour.

Très déterminés, nous nous rendons ensuite à Erevan pour nous occuper de notre visa iranien. Nous trouvons un spot sur le site de Mother of Arménia où se trouve également des attractions permanentes qui nous rappelle les fêtes de notre enfance. 

Le lendemain nous entrons dans l’ambassade à neuf heures et quart et 20 minutes plus tard, nous sommes déjà dehors et pouvons payer les frais de visa en euros dans une banque à 5 km de là. Comme nous n’avons pas besoin du visa directement, nous économisons 50 €. Mais nous ne pourrons le récupérer qu’après le week-end. Soulagés, nous pouvons échapper à la chaleur de la ville le matin même.

2.Le lac de Kari

Pour ne pas faire les choses à moitié, nous nous dirigeons vers le lac Kari à 3190 m d’altitude. Il est situé sur un haut plateau sur les pentes du volcan Aragaz. Dès que le soleil disparaît, les températures baissent énormement. La région est aride. À part quelques familles qui vivent dans leurs yourtes ou leurs caravanes de chantier et qui assurent leur survie en tant que bergers ou apiculteurs, il n’y a rien ici.

Le lendemain matin, nous partons pour notre ascension de près de 4000 mètres. Cela semble vraiment excitant. Mais ce ne sont que 11 km. En revanche, près de 800 mètres de dénivelé et pas mal d’éboulis avant le sommet. La vue sur les roches volcaniques de l’autre côté est pariculièrement phénoménale. Cinq heures de marche qui nous ont épuisées, mais qui en valaient vraiment la peine. 

Après un départ précipité en fin d’après-midi en raison de violentes rafales de vent et d’un ciel noir, nous retrouvons sur notre prochain emplacement, le même Mercedes Sprinter allemand de la veille et avons ainsi pu passer une bonne matinée de bavardage avec le jeune couple Jenny et Marian.

 
 

3. Le canyon de Debed.

Les jours suivants, nous profitons encore tranquillement de la vallée de Debed, au Nord du pays. La rivière Debed y serpente agréablement le long d’une série de hauts plateaux impressionnants.

C’est ici que se trouvent les monastères de Sanahin et de Haghpat du 10e siècle et sont inscrits au patrimoine culturel mondial. Il faut se rendre compte que l’Arménie est le premier pays chretien et dâte du 3ème siècle.  C’est certainement pour cela que les monastères ici nous touchent autant.

Monastère de Sanahin.

Monastère de Haghpat.

4. Erevan- Erewan - Yerevan - Jerewan.

Nous retournons ensuite à Erevan (à vous de choisir votre manière de l’écrire), pour récupérer nos visas et m’emmener à l’aéroport afin que je puisse passer encore quelques jours agréables avec mes enfants à Vienne.

Cette fois-ci, nous profitons du temps qu’il nous reste à Erevan pour visiter le mémorial de Zizernakaberd et le musée qui y est rattaché. Ce monument est censé rappeler les nombreuses personnes tuées par les Turcs en 1915 pour anéantir le peuple arménien. Cette période est reconnue dans le monde entier comme un crime de génocide. Seule la Turquie ne le voit pas ainsi.Cela permet de comprendre les tensions entre les deux pays. L’endroit est concerné et émouvant… si l’on fait abstraction des séances de selfies totalement superflues au mémorial. Une fois de plus, il est intéressant d’observer comment le fait de voyager nous permet soudain de connaître et d’apprendre des choses qui nous échappaient plus ou moins auparavant. En voyageant, l’histoire et la culture prennent vie !

5. Le lac Sevan

Après mes journées à Vienne, nous nous rendons directement au lac Sevan, où Xavier a déjà passé les jours précédents. Il s’agit du plus grand lac intérieur de tout le Caucase (deux fois plus grand que le lac de Constance), à une altitude de 1900 mètres. Nous en faisons effectivement le tour complet, ce qui représente une distance totale de plus de 200 km. Il apparaît en partie dans une couleur turquoise qui rivalise avec nos meubles et ce qui est très impressionnant.

Sur notre route, nous retrouvons avec plaisir Matthias et Petra de Dresde, que nous avions déjà rencontrés une première fois en Turquie, puis une deuxième fois en Géorgie. Mais toutes les bonnes choses vont par trois et nous pouvons encore boire un café ensemble et échanger avant que chacun ne reprenne son chemin.

Nous passons plusieurs nuits à proximité de la minuscule église Saint-Georges, à l’ouest du lac, car nous nous y plaisons beaucoup. L’atmosphère de l’église nous fascine alors qu’elle est si petite et si discrète.

Et nous rencontrons à nouveau d’autres voyageurs : Fabien et Amandine, originaires de France, qui sont également en route pour l’Iran et qui nous font bien sûr passer à nouveau un bon moment avec un échange sympathique. Lorsque nous nous réveillons le matin et que nous voyons le pêcheur en train de nettoyer ses poissons fraîchement pêchés, nous voyons une bonne opportunité pour un délicieux dîner. Nous lui demandons si nous pouvons en acheter directement. Il nous prépare immédiatement six magnifiques poissons et refuse absolument d’accepter de l’argent en échange. Quel beau cadeau ! Et cela avant même le petit-déjeuner ! Heureusement, Christian, un autre Français que nous avons déjà rencontré deux fois sur notre chemin, arrive cet après-midi là et nous passons ainsi deux jours avec un feu de camp, du poisson délicieux et de belles discussions.

6. Geghard, Garni et 3Gs à Goght.

Oui, en Arménie, il semble que les voyageurs se rencontrent un peu. Avant de passer la frontière iranienne, nous passons encore quelques jours au camp 3Gs à Gorgh. Un camping de rêve, créé par un couple de Hollandais. Ici, nous avons la possibilité de tout remettre en état dans et autour du véhicule, de faire la lessive, de nous reposer au bord de la piscine, de rencontrer d’autres voyageurs dans l’une des cuisines communes et d’échanger des idées. Après trois nuits, nous repartons, car nous voulons encore voir quelques choses avant de passer la frontière iranienne.

Le premier jour, nous faisons tout de suite un programme complet et sommes parfois complètement bluffés par ce que nous voyons.

Juste au coin du camp se trouve le monastère rupestre de Geghard, construit à l’origine au 4e siècle. Dans le monastère lui-même se trouve une source dont l’eau est considérée comme sacrée. L’atmosphère qui règne dans ce monastère nous impressionne beaucoup, même si ces éternelles et interminables séances photos selfies commencent à nous agacer de plus en plus et qu’il nous est parfois même difficile de nous imprégner vraiment de l’endroit.

Notre prochaine étape de la journée dans les gorges de Garni est la « symphonie de pierres ». Il s’agit d’une formation basaltique incomparable qui rappelle effectivement des orgues. Ces colonnes hexagonales de basalte mesurent jusqu’à 200 m de haut et sont à peine visibles dans leur véritable dimension sur les photos.

7. Khor Virap

Ensuite commence un paysage quasi désertique à l’infini. Avec près de 40° C à l’ombre et sans climatisation, nous devenons de plus en plus silencieux dans notre fourgon. Mais après l’annonce d’un changement de temps, nous voulions encore visiter le monastère de Chor Virap le même jour, avec vue sur l’imposant mont Ararat du côté turc. Malheureusement, la visibilité n’était pas très bonne ce jour-là non plus, si bien que nous n’avons pu que l’apercevoir un peu au loin. Le monastère lui-même était plutôt touristique, si bien que la visite n’a été que très courte. Cependant, nous avons à nouveau pu nous convaincre de la gentillesse arménienne, lorsque nous avons voulu boire un petit café arménien pour reprendre des forces, le vendeur nous a tout de suite apporté une petite assiette avec des pommes et des pêches coupées. Et au moment de payer, il nous a même servi un jus de pomme et de pamplemousse fraîchement pressé. C’est cela la générosité arménienne !

8. Norawank

Le lendemain, nous nous rendons au monastère de Norawank. Un monastère du 13e siècle, nivelé dans la gorge d’Armaghu avec ses falaises aux reflets rougeâtres. Ce monastère me touche. Sa situation, son paysage, son harmonie avec le paysage environnant… Une visite que nous apprécions avec le cœur.

9. Les cascades de Shaki

Nous continuons ensuite vers la cascade de Shaki. Notre emplacement se trouve au bord de la petite rivière, dans une véritable oasis verte et juteuse. Tout autour, le temps est toujours sec. Une fois de plus, nous pouvons explorer la cascade en compagnie de nos chiens. C’est incroyable de voir avec quelle joie nous trouvons toujours des chiens qui cherchent simplement à être accompagnés. Nous faisons une courte promenade ensemble et nous nous séparons ensuite. Nous restons deux nuits au bord de cette rivière, et encore une fois nous ne sommes pas seuls, deux véhicules français (ils sont vraiment partout – c’est incroyable !) et un Japonais qui est en route avec une moto indienne. Toujours aussi passionnantes ces rencontres !

10. Le sud de l'Arménie.

Il nous reste encore quelques jours avant de passer la frontière iranienne et nous voulons en profiter encore un peu. Nous partons donc vers le sud, en direction de Tatev, où se trouve l’un des monastères les plus importants d’Arménie, ainsi que le plus long téléphérique continu du monde (5,75 km) : Wings of Tartev. C’est ici que se trouvent les gigantesques gorges de Vorotan, qui semblent à couper le souffle sur les photos. Malheureusement, au moment où nous y sommes, nous ne voyons qu’un épais front de brouillard. Nous sommes certes impressionnés par le monastère, dans lequel se trouvent encore de nombreuses dépendances comme la cuisine, la boulangerie, le réfectoire et l’atelier de pressage d’huile. Mais il n’y a pas de vue sur les gorges. La décision d’investir ou non les quelque 17 euros pour le téléphérique est ainsi rapidement prise. Sans visibilité, cela n’a pas de sens. Nous ne dormons pas loin. Mais le lendemain aussi, le brouillard reste inchangé. Le trajet jusqu’au monastère est particulier. Il s’agit de la route de transit vers l’Iran. Il s’agit toutefois d’une route extrêmement sinueuse. Dans les virages, il n’y a généralement plus d’asphalte, car les camions ont tout éraflé au fil du temps. Nous sommes reconnaissants pour chaque virage où aucun camion ne vient à notre rencontre. Dans la vallée, en remplissant nos réserves d’eau, nous entamons une conversation avec un chauffeur iranien dont le camion est en panne et qui attend une pièce de rechange. Pendant que nous chargeons son téléphone portable, nous buvons ensemble un café et faisons encore quelques pas pour pouvoir jeter au moins un petit coup d’œil dans les gorges. Quelques photos et vidéos ensemble. Un bon début pour notre voyage en Iran et déjà un échange de nos numéros WhatsApp.

L’Arménie n’a finalement pas eu la tâche facile pour conquérir mon cœur. Au début, l’accent était trop mis sur l’organisation de l’Iran et sur les quelques jours de rêve avec mes enfants. De plus, le paysage souvent aride et vaste était certes impressionnant, mais aussi désolant. Et pourtant, un petit amour presque discret est né :

Par la cordialité des Arméniens, qui était présente partout : lorsque nous nous trouvions à nouveau impuissants devant les rayons des magasins, ne pouvant rien lire, mais qu’il y avait toujours quelqu’un pour nous aider.

Lorsque nous étions à nouveau accueillis par des coups de klaxon et des signes de la main.

Lorsque notre fourgon était à nouveau admiré avec curiosité et nous recevions à nouveau un pouce levé…

Grâce à cette simplicité, bien-sûr, il ne faut pas non plus se voiler la face, je pense qu’une grande partie des Arméniens n’a pas la vie facile pour assurer sa survie. Et pourtant, c’est parfois un bienfait de voir qu’une voiture sert de moyen de transport et non d’objet de prestige, que je suis reconnaissante de trouver une crème dans un petit supermarché et que je ne dois pas d’abord traverser des centaines de mètres de rayonnages pour me retrouver devant un choix qui me dépasse souvent en Europe.

Grâce aux nombreux petits vendeurs dans la rue qui proposent leurs produits…

Mais aussi par les petits trésors et les surprises que ce pays a à offrir…

Par ses monastères, qui ont souvent séduit par leur simplicité.

On n’a jamais vu autant de fils à linge comme ici!

Oui, nous sommes reconnaissants d’avoir fait connaissance avec l’Arménie. Et nous prenons à nouveau congé avec Charles Aznavour -Pour toi, Arménie-, cette chanson qu’il a écrite était un hommage à son pays lorsqu’il a été durement touché par un tremblement de terre en 1988 et les dons qui en ont découlé ont été directement reversées aux victimes du séisme.

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4 comments

  1. Félicitations pour ce magnifique article que tu as rédigé 💪😍en te lisant mon esprit voyageait à vos côtés 😉👍bises à vous deux 😘

  2. Merci à vous deux de nous faire découvrir de jolis pays…
    Bonne continuation en attendant de vous lire à nouveau
    Christophe Mouchet

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