Notre premier contact avec le Pakistan fut assez éprouvant dû à cette traversée du Balouchistan mais surtout à cause de cette chaleur qui commençait à être un peu trop pesante pour rester dans notre van sans climatisation. Nous décidons donc de remonter vers Islamabad plus rapidement que prévu et ne visiter Lahore qu’au retour de notre périple en Inde.
Durant cette remontée nous aurons la chance de rencontrer des voyageurs que l’on connaissait déjà, Arnaud et Mélanie de « Tous Azimut » et Vincent qui voyage en solo depuis plus de deux ans également.
1.Vers Islamabad.
Nous partons donc de Sukker et pour ne plus avoir d’escorte nous empruntons la highway, mais nous faisons une halte à mi-chemin pour se reposer et profiter de visiter la tombe de bibi Jawindi datant du XV siècle, l’arrière petite fille d’un célèbre saint soufi.
La tombe de Bibi Jawindi.
Forcément ayant quitté l’autoroute nous sommes de nouveau escortés à notre grand désaroi. Le rendez vous prévu avec Arnaud et Mélanie dans une ferme se transformera sur une aire d’autoroute, mais nous passerons quand même une très belle journée en leur compagnie.
Nous rencontrons Vincent vers Islamabad et nous ferons un bout de chemin ensemble. Ayant déjà fait le nord du Pakistan l’année dernière, il nous donne de bons conseils et des itinéraires pour nos prochaines semaines.
Nos amis de voyage Arnaud et Mélanie, Vincent à droite.
Nous sommes très surpris de voir que la capitale Islamabad est en réalité très agréable et facile à circuler et surtout nous arrivons à nous poser pendant deux jours dans un immense jardin où nous pouvons juste à côté effectuer les démarches du visa indien pour Petra.
2. La vallée Kalash.
Mais il est temps de partir au nord ouest, direction la vallée de Swat où nous passerons quelques jours chez Shujaat, un propriétaire agricole qui accueille les overlanders. Avec lui nous auront l’occasion d’assister à un mariage local et nous pourront encore une fois vérifier que l’hospitalité au Pakistan est vraiment quelque chose d’important pour ce pays.
Il est temps pour nous de prendre la route car au nord-ouest, du côté de Chitral, débute le festival de printemps (Chilam Joshi) du peuple Kalash que nous auront la chance de découvrir.
C’est à environ 200 kms mais surtout à plus de 9h de route. Nous commençons maintenant à parler en heures plutôt qu’en kms, je pense que nous devrons mettre de côté nos habitudes européennes et cela pour encore un bon moment. La route est longue et souvent accidentée mais reste tout de même très agréable en revanche on ne se lasse jamais de voir ces magnifiques camions.
A Chitral, nous devons laisser notre fourgon, car malheureusement pour se rendre dans la vallée de Bamboret, seuls les taxis locaux et les 4×4 peuvent y accéder. C’est à environ deux heures de piste (30 kms environs), aucune route n’a jamais été construites, et la plupart du temps seule une voiture a la place de passer sans aucune protection pour des tombants pouvant atteindre plus de 50 mètres. Je dois avouer que les locaux, même s’ils conduisent très mal, se révèlent très habiles dans ce genre d’exercice.
Laissez moi vous parler du peuple Kalash, car ces quelques jours passés là-bas nous ont beaucoup touchés. Vieux de plus de quatre mille ans, ils étaient environ 100.000 au XIX siècle. Répartis dans des régions reculées entre l’Afghanistan et le Pakistan, la plupart du côté afghan ont été convertit à l’islam par force ou réduit en esclavage. Une partie a pu se réfugier dans trois vallées perdues au nord du Pakistan. Depuis un siècle, à cause du prosélytisme musulman, religion d’état au Pakistan, leur nombre a chuté et il ne reste que quelques 3000 kalashs pouvant encore pratiquer leur propre religion qui est un mélange d’hindouisme, de védisme et de paganisme. Aujourd’hui c’est une relation de 3 musulmans pour 1 kalash que l’on retrouve dans ces villages.
Nous n’avons pas pu visiter toutes les trois vallées, mais la région avec ses villages et ses maisons traditionnelles en plus de son peuple Kalash mérite le détours de plusieurs heures de chemins et parfois les quelques angoisses bien maitrisées de Petra lors des passages vraiment délicats.
3. La Karakorum Highway (KKH).
L’autoroute du Karakorum est l’une des routes les plus spectaculaires et les plus aventureuses du Pakistan. Depuis 1978, elle relie la Chine et le Pakistan sur environ 1300 kms, en traversant la chaine de montagnes du Karakorum à une altitude maximale de 4714 mètres au Khunjerab pass, la frontière avec la Chine. En raison des importants travaux de construction et des grandes hauteurs qu’elle traverse, la KKH est parfois surnomée la huitième merveille du monde, mais aussi car elle se faufile entre une multitude de montagnes allant de 4000 à 8000 mètres. Après être revenus de Chitral et repassés par la vallée de Swat, nous commençons notre première étape sur cette route mythique. Cela commence par des vues splendides, cependant, le terme « Highway » crée une fausse impression. Sur plusieurs kms la route ressemble à un chemin de terre, sur d’autres tronçons elle n’est qu’à voie unique et régulièrement la route est accidentée avec de grands trous dans l’asphalte. Encore une fois, si l’on pense européen et qu’on emprunte une autoroute on peut s’attendre à quelque chose de rapide, mais non car il nous faudra plus de deux jours pour faire les quelques 400 kms qui nous séparent de Gilgit notre prochaine destination.
Les vues du côté de Besham sont extraordinaires, les routes sont étroites mais encore en bon état.
Dans la région du Kohistan et jusqu’à Jalipur c’est un véritable calvaire.
Par contre à partir de Jablot et jusqu’à la frontière les routes sont magnifiques et nous en prenons plein la vue.
Dans notre prochain article nous vous parlerons de la région de Hunza où nous resterons plus d’un mois. Cet endroit, au nord du Pakistan est un véritable havre de paix qui nous a beaucoup séduit. Nous avons hâte de vous la faire découvrir.
Mon dieu je comprends Petra, j’aurais eu très peur aussi sur ces routes !!!!!!!!! mais par contre que de beaux paysages et le peuple Kalash si riche en couleurs, fabuleux. merci pour ce partage. bisous à tous les deux
Mon dieu je comprends Petra, j’aurais eu très peur aussi sur ces routes !!!!!!!!! mais par contre que de beaux paysages et le peuple Kalash si riche en couleurs, fabuleux. merci pour ce partage. bisous à tous les deux
Oui c’est vrai que le chemin dans cette vallée était vraiment impressionnant. Bisous à vous aussi