Lorsque nous avons décidé de modifier notre itinéraire au mois d’octobre dernier, alors que nous étions encore en Iran, nous ne savions absolument pas à quoi nous attendre en prenant la direction d’Oman.
Au moment où j’écris ces lignes, cela fait maintenant plus de deux mois que nous parcourons ce pays… et une chose est certaine : nous sommes littéralement tombés sous son charme.
Ici, nous avons avancé sans véritable plan. Comme souvent dans ce voyage, nous nous sommes simplement laissés porter par nos envies, alternant entre mer, wadis et montagnes. Une façon de voyager qui nous ressemble, faite de détours improvisés et de découvertes inattendues.
Raconter ces deux mois et demi dans le détail serait bien trop long. Voici donc quelques moments marquants de cette parenthèse omanaise qui restera, sans aucun doute, l’une des belles surprises de notre voyage.
2. Mascate, loin de la démesure.
Enfin une capitale à taille humaine. En arrivant dans la péninsule arabique, nous avons rapidement constaté que la folie des grandeurs s’était emparée de nombreux pays devenus immensément riches grâce au pétrole. Gratte-ciel toujours plus hauts, projets toujours plus démesurés… Mais Oman semble avoir suivi une autre voie.
Sous l’impulsion du feu sultan Qaboos, le pays a réussi à préserver une certaine harmonie entre modernité et tradition. Ici, pas de skyline démesurée. Mascate reste une capitale élégante et discrète, tournée vers la mer et entourée de montagnes.
Nous prenons plaisir à nous perdre dans le souk, à flâner sur l’esplanade et à observer l’activité autour de la criée.
Malgré toutes les mosquées que nous avons déjà visitées en Iran, une visite s’impose : la grande mosquée du sultan Qaboos.
Construite en 1995, nous pensions découvrir un édifice relativement moderne et peut-être un peu impersonnel. Mais dès notre entrée dans la salle principale, le silence s’impose.
Au-dessus de nous, un gigantesque lustre Swarovski de plus de huit tonnes semble flotter dans l’espace. La richesse de l’architecture est évidente, mais rien n’est ostentatoire. Tout est d’une grande finesse. Au sol, un autre chef-d’œuvre attire le regard : un tapis monumental, tissé d’une seule pièce par plus de 400 femmes iraniennes pendant près de quatre ans.
Mascate restera aussi pour moi associée à une mission un peu moins touristique : trouver un dentiste. Trois visites seront nécessaires, ce qui nous obligera à revenir plusieurs fois dans la capitale.
Ces allers-retours auront finalement du bon. Nous en profitons pour effectuer quelques réparations et l’entretien du fourgon. Dans ces régions où les distances sont immenses, les kilomètres s’accumulent vite. Depuis notre arrivée en Iran, nous avons déjà parcouru plus de 13 000 kilomètres.
3. Jebel Chams, au sommet d'Oman.
Les points d’entrée terrestres à Oman se situent dans le nord du pays. C’est donc dans cette région que débute véritablement notre exploration. Rapidement, les montagnes apparaissent. Les jebels dessinent des paysages impressionnants, même si certaines pistes resteront inaccessibles pour nous sans un vrai 4×4. Qu’importe. Il y a déjà largement de quoi explorer.
Impossible de parler des montagnes omanaises sans évoquer le Jebel Shams, le sommet le plus célèbre du nord du pays. La piste pour y accéder est parfois exigeante, mais après notre passage à Musandam, notre fourgon commence à s’habituer à ces montées spectaculaires. Une fois arrivés en haut, le panorama est à la hauteur de l’effort. Et comme souvent dans ces montagnes, nous ne sommes pas seuls. Quelques chèvres, visiblement très curieuses, viennent nous observer de près.
Depuis le plateau, un sentier longe les falaises et surplombe le wadi Nakhr. Trois heures de randonnée nous attendent. Petra commence peu à peu à apprivoiser son vertige, ce qui est plutôt une bonne nouvelle car certains passages dominent le vide de près de 900 mètres. Pendant que nous avançons prudemment sur le sentier, d’autres chèvres évoluent avec une facilité déconcertante sur les parois rocheuses.
Le retour se fait lentement, toujours impressionnés par l’immensité du paysage. La journée se termine par un magnifique bivouac sur les hauteurs. Seul petit détail : notre chauffage décide de ne pas fonctionner cette nuit-là. Résultat… une nuit à 6 degrés.
4. Nizwa, au cœur des traditions.
Nous poursuivons notre route entre petits wadis et villages traditionnels avant d’atteindre l’ancienne capitale du pays : Nizwa. La ville est aujourd’hui assez touristique, mais certaines traditions y sont toujours bien vivantes.
Le vendredi matin, dès 7 heures, le souk aux animaux s’anime. Au centre d’une rotonde, acheteurs et vendeurs tournent en cercle avec leurs chèvres et leurs moutons. Les négociations vont bon train, ponctuées d’appels, de gestes et de discussions animées. Pour un observateur extérieur, il est difficile de suivre les échanges, ça interpelle, ça pialle, ça marchande pour notre plus grand bonheur. L’ambiance est fascinante. Après deux heures d’agitation, la tension retombe. Les animaux changent de mains contre quelques billets et le marché reprend son rythme habituel.
Un moment unique et fort que nous ne sommes pas prêts d’oublier…
Nizwa, c’est aussi son fort impressionnant, son musée et son souk traditionnel. Nous prendrons le temps de les visiter lors de notre deuxième passage, sur le chemin du retour.
5. Les wadis, parenthèses de sérénité.
Quand on parle d’Oman on apprend très vite qu’ici on ne pourra pas échapper aux wadis ou « Oueds ». De toutes les formes et de toutes les tailles, les wadis font partie intégrante du pays. Ce sont des vallées, des lits de rivière plutôt secs durant l’hiver, mais nous arrivons quand même à en trouver avec de l’eau pour notre plus grand plaisir. Nous passerons plusieurs jours dans le wadi Darbat près de Salalah, dans le sud, où nous trouverons un calme et une sérénité avec toutes sortes d’animaux qui partageront avec nous notre bivouac.
6. La côte Omanaise, où le désert rencontre la mer.
Oman possède également près de 1700 kilomètres de côtes. Il aurait été dommage de ne pas en profiter. Nous décidons donc de suivre la mer sur près de 1200 kilomètres pour rejoindre Salalah.
Les plages deviennent de plus en plus sauvages. Sable blanc, eau turquoise… et parfois des dauphins qui nagent à quelques dizaines de mètres du rivage. Nous les observons régulièrement jouer dans les vagues, sans jamais réussir à nous approcher suffisamment.
Plus au sud encore, à quelques kilomètres de la frontière avec le Yémen, le paysage change une nouvelle fois. Les falaises remplacent les plages et de petites criques isolées apparaissent. Certaines deviennent pour nous des bivouacs inoubliables.
Au total, Oman représentera plus de 6000 kilomètres parcourus entre routes et pistes. Sur notre chemin, les rencontres avec les dromadaires et les chèvres deviennent presque quotidiennes.
Comme en Iran, l’accueil est toujours chaleureux. Dans chaque village traversé, nous sommes salués. Pour l’eau, les mosquées deviennent souvent nos points de ravitaillement. On y trouve des fontaines d’eau fraîche et filtrée accessibles à tous.
7. Le désert, là où tout peut basculer.
En regardant une carte satellite d’Oman, un immense désert attire immédiatement le regard : le Wahiba Sands. Faute de 4×4, nous ne pourrons malheureusement pas explorer ses célèbres dunes orangées. Nous traversons simplement une partie de la région en remontant vers les Émirats. Peut-être une bonne raison de revenir un jour.
Nous découvrons tout de même un autre petit désert, les Sugar Dunes, ainsi qu’un lac salé en descendant vers Salalah. Nous réussissons à faire des pistes et rouler sur la plage pour trouver des spots directement au bord de l’eau. C’est également là que nous connaissons notre seule mésaventure dans le sable. Au bout d’un moment un excés de confiance m’a quand même valu une petite frayeur… Cette fois le sable mou à été plus fort que moi et nous nous sommes retrouvés tanqués dans le sable. Heureusement un omanais avec son Toyata Land Cruiser qui passait par là a pu nous tirer et sortir notre fourgon de 3,5 tonnes.
Notre aventure à Oman touche maintenant à sa fin. Ce détour imprévu nous aura finalement permis de découvrir un pays que nous ne connaissions absolument pas. Un pays discret, encore méconnu, mais d’une richesse incroyable. Nous y avons trouvé des paysages magnifiques, une nature brute et surtout une population d’une grande gentillesse.
C’est aussi ici que nous serons restés le plus longtemps depuis le début du voyage. Deux mois et demi qui ont filé à toute vitesse. Avec Petra, nous sommes unanimes : Oman est un pays où nous reviendrons un jour. Peut-être pour continuer à explorer ses montagnes et ses déserts… ou simplement pour profiter de la douceur de l’hiver omanais pendant que l’Europe grelotte.
Pour l’instant, nous franchissons la frontière et reprenons la route vers l’est. De nouveaux pays nous attendent, peut-être moins tranquilles… mais certainement tout aussi passionnants.
Quelle Aventure 👌👌💪💪💪le top du top du top 😍j’ai appris qu’on pouvait s’enfoncer dans le sable 😜🤣 c’est génial et vous êtes rayonnants tout les deux, pleins de bisous 😘😘😘
Merci Mumu, une de nos plus fidèle follower 🙂 Et oui il s’enfonce bien dans le sable… Heureusement Petra m’a beaucoup freiné car je serai encore avec la pelle… bisous
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Merci Mumu, une de nos plus fidèle follower 🙂 Et oui il s’enfonce bien dans le sable… Heureusement Petra m’a beaucoup freiné car je serai encore avec la pelle… bisous