Après notre passage au Koweït, notre route continue vers le sud. Pour rejoindre les Émirats arabes unis, nous devons traverser une partie de l’Arabie Saoudite.
Notre passage dans le royaume sera relativement court. Nous n’avons que quelques jours devant nous, mais suffisamment pour faire un petit détour vers Riyad et découvrir un lieu dont nous avions entendu parler à plusieurs reprises : les impressionnantes falaises de « Edge of the World ».
Entre frontière, désert et rencontres inattendues, cette traversée saoudienne restera finalement une belle parenthèse dans notre voyage.
1. La frontière Saoudienne, premier regard sur le royaume.
Nous arrivons donc à la frontière saoudienne après avoir quitté le Koweït. Le passage dure environ une heure et demie et se déroule sans aucun problème. Ce qui prend finalement le plus de temps, c’est le thé ou le café que l’on nous propose, ainsi que les échanges avec les douaniers, visiblement surpris par notre itinéraire depuis la France avec notre fourgon. Leur curiosité n’est d’ailleurs pas étonnante : l’Arabie Saoudite ne s’est ouverte au tourisme qu’en 2019, et l’arrivée du COVID quelques mois plus tard a naturellement ralenti le développement des voyages dans le pays. Pour beaucoup, voir arriver des voyageurs par la route reste encore une scène inhabituelle.
Les formalités habituelles prennent aussi un peu de temps : assurance, carte SIM, retrait d’argent… Voyager rapidement dans ces pays peut finalement coûter assez cher.
Nous passons notre première soirée sur une promenade en bord de mer très joliment aménagée. Une petite tente façon souk propose quelques spécialités locales et nous découvrons avec curiosité ces plats que nous ne connaissons pas encore. Une vendeuse, amusée par notre enthousiasme, finit même par nous courir après pour nous offrir un petit colis de nourriture. L’hospitalité semble être ici aussi très importante. Comme toutes les places autour de la place du marché sont payantes, nous décidons finalement de retourner près de nos véhicules pour profiter tranquillement du repas tout en observant l’animation de la soirée.
Je dois admettre qu’il me faut encore un peu de temps pour m’habituer à l’image des femmes entièrement vêtues de noir.
2.Edge of the World, vertige sur le désert.
Même si nous ne prévoyons de rester que peu de temps en Arabie Saoudite, nous décidons tout de même de faire un détour vers Riyad pour découvrir les impressionnantes falaises de « Edge of the World », dans les monts Tuwayq.
Sur la longue route qui nous mène vers la capitale, à travers un paysage aride qui semble s’étendre à l’infini, un véhicule aux gyrophares nous fait signe de nous arrêter. Sur le moment, nous pensons bien sûr à un contrôle de police.
Mais il s’agit en réalité d’employés du Centre National de Développement du Couvert Végétal et de Lutte contre la Désertification.
Ils souhaitent simplement nous montrer certaines plantes qu’ils essaient de préserver et de cultiver dans le désert. Parmi elles se trouve l’arbre Sidar, qui possède une signification symbolique dans les religions chrétienne, juive et islamique.
Après quelques photos et quelques échanges, nous reprenons la route à travers ce paysage désertique sans fin.
Le lendemain, nous partons à la recherche du chemin vers « Edge of the World ». Mais il faut bien avouer qu’il n’existe pas beaucoup d’informations officielles sur Internet.
Nous savons simplement qu’il existe deux façons d’y parvenir et que le site officiel n’est ouvert que du jeudi au dimanche. Comme nous sommes mercredi et que nous préférons souvent éviter les attractions trop touristiques, nous tentons l’autre itinéraire, plus « rustique ».
Après quelques kilomètres, nous devons effectivement laisser notre fourgon derrière nous. Heureusement, nous voyageons toujours avec Christian, qui peut nous emmener dans son 4×4 Toyota.
La piste est parfois difficile, mais l’effort en vaut largement la peine.
Arrivés au sommet, nous découvrons ces immenses falaises qui plongent à près de 300 mètres dans le désert. Le panorama est spectaculaire.
Nous profitons longuement du silence et de la grandeur du paysage avant de trouver un endroit un peu moins vertigineux, mais tout aussi beau, pour admirer le coucher du soleil.
2.Riyad et Diriyah, entre tradition et modernité.
Après presque trois semaines de voyage ensemble, il est temps pour nous de nous séparer de Christian, avec la certitude de nous retrouver bientôt ailleurs sur la route.
Nous prenons la direction de Diriyah, une banlieue historique de Riyad qui semblait très prometteuse sur Internet. Malheureusement, en arrivant sur place, nous découvrons surtout un immense chantier. Une grande partie du site est en train d’être reconstruite. Le style traditionnel des bâtiments en terre reste très beau, mais l’ensemble paraît aussi très commercial.
Un peu déçus, nous décidons malgré tout de nous arrêter pour boire un café. C’est là que nous faisons la connaissance de Nada, qui refuse catégoriquement de nous laisser quitter l’Arabie Saoudite sans avoir été invités à dîner dans une famille saoudienne. Nous passons donc une très agréable soirée chez Nada et son mari, qui nous permettent de découvrir un peu la vie quotidienne dans leur pays.
Ici les dsitributeurs d’eau sont comme des pompes à essence.
Le lendemain matin, nous partons très tôt afin de profiter de la fraîcheur relative du matin. Une longue journée nous attend : la traversée d’une partie du plus grand désert de sable du monde, le Rub al-Khali. Près de 600 kilomètres sont au programme aujourd’hui, dont plus de 400 kilomètres à travers le désert.
Pour ceux qui ne le savent pas : nous voyageons sans climatisation. La journée est longue et fatigante. Malheureusement, nous ne verrons ni oryx ni antilopes, pourtant présents dans la région. Mais traverser ces paysages désertiques reste malgré tout une expérience impressionnante.
Traversée de dromadaires sur l’autoroute.
L’Arabie Saoudite a certainement beaucoup plus à offrir. Mais pour nous, ce n’est pas encore le moment de l’exploration approfondie.
Notre route continue maintenant vers les Émirats arabes unis, où nous allons pouvoir nous poser quelque temps et prendre un peu de recul après tous ces kilomètres parcourus ces derniers mois.