Période du 13 au 18 septembre 2023...
Ça y est, nous y sommes.
Depuis le temps que nous entendions parler de l’Iran, c’est finalement le 13 septembre 2023 que nous franchissons les portes d’un pays totalement inconnu pour nous. Un pays qui suscite encore, pour beaucoup, doutes et inquiétudes quant à la pertinence d’un tel voyage.
Et pourtant, d’une voix unanime, tous les voyageurs que nous avons croisés nous l’ont affirmé : l’Iran est le pays de l’hospitalité. Tous en gardent un souvenir marquant.
C’est donc avec une certaine émotion que nous entamons la découverte de ce 19ᵉ pays. À travers notre regard, nous espérons faire tomber quelques clichés et, à notre tour, donner envie de découvrir cette terre fascinante.
1. Préparatifs, les étapes incontournables
Avant de pouvoir découvrir ce pays, il a fallu se préparer et bien se renseigner. Depuis 17 mois que nous voyageons, tout avait été relativement simple. Cette fois, plusieurs éléments étaient à anticiper.
Les visas, sur les conseils d’autres voyageurs, nous passons par l’agence TapPersia. Beaucoup de documents à fournir, mais une aide précieuse. Nous pensions attendre trois à quatre semaines… en trois jours, nous recevons notre e-visa valable 45 jours, à retirer et payer à l’ambassade à Erevan.
Le CPD, quésaco? En fait le « Carnet de Passage en Douane » qui permet d’entrer avec son véhicule sans procédure d’importation temporaire. Pour l’obtenir, il faut remplir un dossier auprès de l’automobile club de son pays et verser une caution pouvant atteindre jusqu’à 2,5 fois la valeur du véhicule.
Le document nous sera envoyé à Erevan, où nous le récupérons avec nos visas. Autant dire qu’il vaut de l’or : mal rempli ou perdu, la caution peut tout simplement s’envoler.
Le permis international, certains pays l’exigent. Sur le papier, c’est simple. En réalité, pour moi, Français résidant au Portugal, c’est Petra qui a réussi à en obtenir un en Autriche… Pas toujours facile à expliquer en cas de contrôle.
Bref, une préparation sérieuse où rien ne doit être laissé au hasard sous peine de se voir refuser l’entrée.
2.Le passage de frontière, premières impressions
7h du matin. Nous choisissons de passer la frontière tôt pour éviter l’affluence des camions. Comme souvent, rien n’est indiqué. Il faut demander, slalomer entre les poids lourds, monter sur les trottoirs pour atteindre le bon bureau. Nous arrivons enfin à la dernière barrière mais au bout de quelques minutes un douanier nous regarde d’un air désolé :
« Vous devez retourner au premier bureau, vous avez été flashés. »
Retour à la case départ pour payer l’amende. Une fois réglé — non sans mal — nous franchissons enfin le pont qui nous sépare de l’Iran.
À partir d’ici, heureusement tout est facile et ce premier contact avec les douaniers Iraniens nous permet d’entrevoir que l’hospitalité de ce pays n’est pas une légende. Les douaniers ne sont en en général pas les personnes les plus accueillantes dans un pays, mais à ce poste de frontière c’est différent, je n’ose donc pas imaginer comment ça sera bientôt.
Il est 10h30. Ça y est, nous sommes en Iran…
Nous roulons vers Tabriz pour rejoindre nos amis arrivant de Turquie. La pluie ne gâchera pas notre enthousiasme. Trois heures plus tard, nous atteignons le camping gratuit de Tabriz… sous le soleil.
3. Tabriz, là où tout commence
Stéphanie et Pascal, rencontrés au tout début de notre périple, ont commencé leur voyage presque à la même période que nous. Grâce aux réseaux sociaux, nous avons gardé le contact. Par coïncidence, nos routes se croisent à nouveau. Les retrouvailles à Tabriz sont naturelles, comme si nous nous étions quittés la veille. Nous profitons de ces quelques jours pour effectuer les démarches.
Carte SIM: Facile à acheter, mais inutilisable sans VPN. Il faut en installer un avant d’entrer dans le pays, sinon impossible d’en télécharger un sur place. Heureusement, les Iraniens savent contourner ces contraintes et nous aident rapidement. Malgré tout, internet restera compliqué durant tout notre séjour.
L’argent: Voilà encore toute une histoire. La monnaie officielle est le rial, mais tout le monde parle en toman (1 toman = 10 rials). Les mêmes billets, deux unités, des montants annoncés différemment… 5, 50, 500 ou 5000 pour le même prix. Résultat : une vraie gymnastique mentale. Le plus gros billet vaut environ 4 euros, le plus petit à peine un centime. Et ici, pas de pièces. Même en écrivant ces lignes, nous ne sommes pas sûrs d’avoir toujours bien compris.
L’assurance: Bien que couverts par notre assurance française, nous choisissons une assurance locale. Plus simple en cas de problème.
Arrive le week-end, ici c’est le jeudi et le vendredi, nous décidons de sortir de la ville pour aller visiter Kandovan.
Tabriz sera également un moment un peu difficile pour nous car je dois aller chez le dentiste et Petra doit faire quelques contrôles médicaux. Heureusement nous avons été aidé par un couple, Kohdadad et Rogayeh sa femme, rencontré à Kandovan et qui nous ont spontanément offert de rester avec nous toute la journée pour nous accompagner partout et servir de guide dans les dédales interminable du système hospitalier de Tabriz. Un peu plus tard nous profiterons quand même pour visiter le merveilleux bazar et les revoir pour passer une agréable soirée en leur compagnie.
4. Kandovan, une visite pas comme les autres…
Ce que nous ne savions pas, c’est qu’en plus du week-end, les deux jours suivants étaient fériés ; nous apprendrons plus tard qu’en Iran, il y en a une trentaine. Notre sortie tranquille vers le village troglodyte de Kandovan se transforme en galère : en effet, les Iraniens aiment profiter de leur week-end et des jours fériés pour se promener. Ce sont donc quelques kilomètres d’embouteillages pour se rapprocher de notre point. Nous décidons de nous arrêter sur une place avant le site afin de ne pas nous retrouver au cœur de cette foule.
Une famille allemande avait eu la même idée et, quelques heures plus tard, c’est un couple de Hollandais qui décide de faire la même chose.
Je voudrais faire une parenthèse sur le fait de voyager en fourgon en étant étrangers en Iran. Nous sommes vraiment une curiosité et les Iraniens viennent spontanément nous voir pour nous souhaiter la bienvenue. Ils veulent savoir d’où l’on vient et où l’on va, et nous laissent leur numéro pour nous inviter chez eux. Nous recevons en permanence des cadeaux, des fruits, des légumes ; ils partagent leur repas et souhaitent faire des photos avec nous. Tu comprends qu’en nous arrêtant ainsi sur une place, nous n’avons pas pu être tranquilles de toute l’après-midi.
Cette expérience, nous la vivrons tout au long de notre périple, mais je raconterai certaines anecdotes plus tard.
Nous décidons de visiter Kandovan le lendemain matin, mais même là, nous avons eu l’impression de voler la vedette au village, tant les gens s’intéressent plus à nous qu’aux grottes centenaires.
Nous poursuivons vers un lac pour passer la nuit. Un endroit magnifique. Même là, au milieu de nulle part, des familles arrivent pour discuter et nous saluer.
Cette générosité est touchante. Nous nous sentons bien, profondément bien. Mais parfois, nous chercherons volontairement des lieux plus isolés pour souffler un peu. Car ces rencontres, aussi belles soient-elles, sont intenses.
5. Les montagnes colorées, un spectacle inattendu
Notre traversée de l’Iran nous mènera de Tabriz, au nord-ouest, jusqu’à Taftan, au sud-est.
45 jours, plus de 3 000 kilomètres… sans compter les détours improvisés.
Un jour, après une centaine de kilomètres vers le sud, un spectacle nous coupe le souffle : des montagnes colorées surgissent à l’horizon. Impossible de résister. Nous quittons la route principale pour explorer cette nature aride d’une beauté saisissante.
Nous trouvons un spot incroyable au cœur de ces paysages.
Silence. Couleurs. Immensité…
Quelques jours plus tôt, Stéphanie avait partagé des photos du château de Behestan. Nous décidons d’y faire un détour. Et clairement, cela en valait la peine.
Le périple n’est pas terminé, loin de là. Le mauvais internet, mais surtout l’envie de profiter pleinement de chaque instant, retardera la publication de nos articles.
Une chose est sûre : ce pays nous réserve encore de belles surprises.

Salut les amis .
Merci de partager ces moments , ces images et ces commentaires qui avec le piment des difficultés nous transportent loin de notre petit confort !
Merci encore et surtout bravo !
Merci Jean-Luc pour ton commentaire, en effet même si ce n’est pas facile tous les jours, nous vivons un moment mémorable.
A bientôt
vous me faites réver, moi qui aime tous les pays et leurs coutumes… profitez en bien
Oui en effet ce pays est génial, je n’aurais jamais pensé y venir un jour, nous vivons des supers moments et cet accueil en Iran est incroyable. A bientôt