Nous ne savions pas vraiment à quoi nous attendre. Dans le monde des voyageurs, on parle souvent des Stan mais pour la plupart des gens c’est une terre lointaine, mystérieuse, peu connue… Qui saurait, par exemple, placer le Kirghizistan sur une carte ? Et pourtant, ces pays méritent largement d’être découverts.
Après les chaleurs écrasantes et l’agitation des pays traversés plus à l’est, nous arrivons ici où tout semble plus vaste, plus calme, plus serein.
Des montagnes dignes des Alpes, des lacs turquoise, des plateaux infinis, des yourtes, des chevaux en liberté, et des gens d’une gentillesse désarmante.
On pensait ne faire que passer, on a eu envie de rester…
1. Kazakhstan, premier contact en Asie Centrale.
Notre découverte de l’Asie centrale débute en douceur, le 12 juin 2025, au Kazakhstan. Après les semaines intenses passées en Chine, un grand souffle de liberté nous accueille. L’air semble plus léger, les routes plus tranquilles, et déjà, le pays nous donne un avant-goût d’espace et de sérénité.
Avec le groupe (en référence à l’article « 7 jours au Tibet”), nous nous installons près d’une rivière, dans un cadre paisible et verdoyant. Nous goûtons à la quiétude d’une nuit au bord d’une rivière. Au matin, changement de décor : le niveau a tellement monté que les roues du van baignent dans l’eau. Rien de grave, mais une première alerte qui nous rappelle que la nature ici peut changer rapidement.
Quelques jours plus tard, nous atteignons Almaty, l’ancienne capitale. C’est une ville inattendue, vaste, fleurie, pleine de parcs et bordée de montagnes. Nous y passons du temps pour remettre notre véhicule en état : garages, pièces, réparations… Mais malgré ces contretemps mécaniques, nous découvrons un endroit attachant.
Une première randonnée à Kok Zhailau, tout près de la ville, nous plonge dans une mer de verdure. Un effort intense mais récompensé par la beauté des montagnes qui nous entourent, un vrai moment de reconnexion avec la nature. Déjà, on sent que ces pays vont nous surprendre.
2. Charyn Canyon, version kazakhe du Far West.
Nous arrivons la veille dans la région au sud-est, fatigués mais impatients. Initialement, on comptait randonner en début de matinée… mais le décalage horaire dans un pays aussi vaste en a décidé autrement : à 4 h, il fait déjà grand jour, et impossible de retrouver le sommeil. Finalement, tant mieux : ce réveil forcé nous permet de descendre dans le canyon avant l’arrivée de la foule.
Seuls, nous profitons du silence et de la lumière dorée du matin. Les falaises rougeoyantes se dressent comme des cathédrales de pierre, sculptées par le vent et l’eau depuis des millions d’années. Dans le lointain, la rivière Charyn trace son chemin, indifférente aux visiteurs de passage.
Ce décor brut, presque irréel, nous donne l’impression d’être dans un western, version kazakhe. Quand les premiers bus de touristes arrivent, nous avons déjà remonté le sentier, le sourire aux lèvres : parfois, les imprévus font les plus belles journées…
3. Bishkek, escale dans la capitale kirghize.
Dès la frontière, juste avant d’arriver à Bishkek, petite surprise : la police, très à l’ancienne et dans un style bien soviétique, est arrivée avec sirène hurlante pour nous arrêter. Ils ont baissé nos vitres pour nous montrer que le film teinté était interdit sous peine d’amende. Après au moins 30 minutes de pourparlers, nous avons finalement dû retirer les films au lieu de payer un bakchich qu’ils attendaient depuis le début.
À partir de ce moment, nous avons décidé d’être très prudents, car le moindre faux pas entraîne souvent des heures de discussion… ou un petit billet. Welcome to Kirghizistan…
Nous sommes passés par Bichkek pour plusieurs raisons, notamment un rendez-vous important à l’ambassade de Russie afin d’obtenir notre visa de transit. Les événements actuels ont encore bousculé nos plans : au lieu de revenir par l’Afghanistan et l’Iran, nous prendrons la direction de la Russie… avant de redescendre par la Géorgie.
La ville nous a offert un contraste intéressant avec ce que nous avions vu jusqu’ici. Moins reposante que sa voisine kazakhe et un peu plus bruyante, elle reste malgré tout agréable à découvrir surtout pour son street art.
Après cette journée un peu fatigante, nous avons savouré un merveilleux dîner, même si la nuit s’est révélée chaude et bruyante. Un vrai signal qu’il était temps de se remettre en route pour retrouver la nature.
4. Kegety Valley, un souffle de liberté.
Proche de la capitale, le temps d’attendre notre visa, nous nous dirigeons vers Kegety Valley, une bulle de fraîcheur bienvenue après la fournaise de la ville – le cadre parfait pour fêter l’anniversaire de Xavier. Le hasard a bien fait les choses : nous y avons retrouvé nos amis autrichiens. Rien de mieux qu’un feu de camp, des rires et quelques verres partagés pour marquer cette journée spéciale dans une atmosphère chaleureuse.
Le lendemain, une longue randonnée de sept heures en compagnie d’Anita et de sa chienne Aura nous a menés au cœur de paysages grandioses. L’effort fut intense, au point qu’Aura elle-même, d’ordinaire infatigable, a dû s’accorder une petite pause. Mais chaque pas était récompensé par des panoramas à couper le souffle.
Quelques jours plus tard, ce sont Anita et Harry qui nous ont guidés vers un nouveau havre de paix : un coin de rivière à Chunkurchak, bordé de falaises d’escalade. Nos compagnons autrichiens, passionnés de grimpe, nous ont prêté leur matériel pour que nous puissions, à notre tour, tenter l’expérience.
Ces instants simples, entre bivouacs, rando et escalade improvisée, sont autant de respirations précieuses dans le rythme de notre voyage – des moments d’amitié et de nature qui s’impriment durablement dans nos souvenirs.
5. Issyk-Koul, entre lac et montagnes.
Une dernière halte dans la capitale pour récupérer notre visa et sans plus attendre nous prenons de la hauteur. Les routes s’élèvent, les villages s’espacent, et peu à peu, l’horizon se remplit de sommets enneigés.
Le lac Issyk-Koul, immense mer intérieure cernée de montagnes, nous offre un mélange unique : plages de sable blond et arrière-plan alpin. Ici, on peut passer de la baignade à une randonnée en altitude en l’espace d’une demi-journée.
Nous ferons plusieurs canyons mais le plus marquant fût celui d’Ak-Say qui nous mène directement jusqu’au lac. La piste chaotique en valait la peine : un coucher de soleil flamboyant, suivi d’une marche matinale jusqu’à un promontoire, avant de plonger dans les eaux glacées d’Issyk-Koul.
Nous faisons halte aux célèbres Seven Bulls. Deux nuits passées au pied de ces falaises rouges nous offrent ce qui restera sans doute l’une de nos plus belles randonnées depuis le début de l’aventure. Le chemin serpente entre vallées et pâturages, croisant chevaux et troupeaux, dans une nature à la fois sauvage et accueillante. Fatigant, mais un vrai bonheur.
De ces instants, on garde la sensation d’une liberté totale, portée par les paysages immenses du Kirghizistan.
6. Song-Köl, au cœur des steppes kirghizes.
À près de 3 000 mètres d’altitude, le lac Song-Köl se dévoile comme un décor de carte postale. Ici, pas d’électricité, pas d’internet, pas de magasins : seulement un vaste lac de montagne, des steppes infinies et des troupeaux guidés par leurs cavaliers. Le temps semble suspendu, comme si rien n’avait changé depuis des siècles.
Sans le savoir, nous arrivons en pleine célébration annuelle. Le festival bat son plein, ponctué de compétitions et de démonstrations équestres spectaculaires. Parmi les épreuves les plus impressionnantes, des cavaliers s’affrontent dans une version spectaculaire du Kok-boru ou Buzkashi, où l’adresse, la rapidité et la stratégie sont mises à l’épreuve dans une lutte acharnée pour maîtriser une carcasse de chèvre et marquer des points. Les Kirghizes y dévoilent tout leur talent, hommes comme femmes, dans des épreuves qui rappellent à quel point leur culture est intimement liée au cheval. Même si l’événement attire surtout des touristes, nous sommes heureux d’y assister, portés par l’énergie des festivités et la beauté brute du lieu.
Le lac Song-Köl restera pour nous une étape à part : celle d’un lac qui impose le calme, la grandeur et une certaine humilité face à la nature.
7. Vers Osh, et les eaux turquoises du lac Toktogul.
La descente de Song-Köl nous entraîne à travers des paysages époustouflants, où chaque virage révèle de nouvelles vallées et montagnes. Les cyclistes courageux que nous croisons peinent autant que nous à franchir ces pentes ardues sur des chemins de gravier qui soulèvent des nuages de poussière. Le paysage se transforme peu à peu, annonçant la transition vers des terres plus basses et plus sèches.
Nos plans changent lorsqu’un blocage de route nous oblige à franchir le col d’Aumaux, culminant à près de 3 000 mètres, en direction de Jalalabad. Non goudronnée, cette route est ponctuée de chantiers chinois et de convois de camions, mais elle reste praticable. Le passage vers le lac Toktogul offre enfin un répit : chaleur intense, mais baignades rafraîchissantes et sérénité au bord de l’eau.
C’est ici, enfin après tant de temps que nous donnons un nom à notre fidèle Sprinter : Vahan. Ce nom, choisi avec soin, reflète tout ce que représente notre véhicule pour nous. En sanscrit, Vahan signifie « monture » ou « véhicule », souvent associé à la divinité qu’il transporte. En arménien, il évoque un bouclier protecteur. Pour nous, Vahan est bien plus qu’un simple Sprinter : il est notre compagnon de route, celui qui nous permet d’explorer des lieux reculés et de vivre pleinement chaque aventure, tout en nous offrant un sentiment de sécurité et de liberté.
La route longe ensuite la rivière Nayana, aux eaux d’un turquoise hypnotique, avant de traverser des champs de blé moissonnés, créant un patchwork de couleurs et de lumière. Après cette traversée, une journée entière à Osh nous permet de nous préparer pour la Pamir Highway : photocopies des droits de circulation, ravitaillement et dernières vérifications du véhicule. Entre ces préparatifs, le plaisir de retrouver un vieil ami, Daniel, dans un bazar en rénovation. Cela nous rappelle que les rencontres humaines font partie intégrante de ce voyage, aussi précieuses que les paysages que nous traversons.
8. Pic Lénine, dernier chapitre au Kirghizistan avant la Pamir.
Nous sommes tellement reconnaissants d’avoir fait ce détour par Tulpar Lake ! À 3 500 m, ce petit coin de magie nous a permis de nous habituer doucement aux dénivelés à venir sur la Pamir Highway.
Le Pic Lénine se dresse majestueux en arrière-plan, le lac turquoise scintille sous un ciel éclatant, et les animaux paissent tranquillement dans un silence incroyable. Trois jours de promenades et de contemplation nous ont émerveillés.
Demain, nous poursuivrons notre aventure en direction de la Pamir Highway au Tadjikistan , loin d’Internet, mais riches de cette magie que seule la montagne sait offrir…
Toujours émerveillée par votre parcours, merci de nous relater ce périple magnifique, pleins de Bisous 😘 😚 😘à vous deux et bravo pour ce joli prénom donner a votre véhicule
Toujours émerveillée par votre parcours, merci de nous relater ce périple magnifique, pleins de Bisous 😘 😚 😘à vous deux et bravo pour ce joli prénom donner a votre véhicule
Merci Mumu, nous sommes super contents de pouvoir faire partager un peu notre périple. En effet c’est vraiment une belle aventure. Bisous