-Nos périples-Iran

L’Iran, aux portes du désert

L’Iran, aux portes du désert

Période du 02 au 23 octobre 2023...

Après plusieurs semaines passées à parcourir l’Iran, nous avons déjà l’impression d’avoir vécu une multitude d’expériences : des rencontres inattendues, des invitations spontanées et la découverte de villes chargées d’histoire.

Mais notre route continue vers le sud, là où les paysages changent progressivement. Les montagnes verdoyantes laissent peu à peu place à des plateaux arides et à des étendues désertiques. L’Iran révèle alors un autre visage : celui des villages millénaires, des cités mythiques de la Perse et des grandes routes caravanières qui traversaient autrefois ces immensités.

Dans cette dernière partie de notre périple, nous partons explorer quelques-uns des lieux les plus emblématiques du pays : Abyaneh et ses maisons rouges, Ispahan la légendaire, les paysages désertiques du centre de l’Iran et enfin Yazd et Persépolis, témoins d’une histoire vieille de plusieurs millénaires.

10. Abyaneh, le village rouge des montagnes.

Nous quittons Kashan pour rejoindre Abyaneh, mais décidons — une fois n’est pas coutume — de faire un détour vers des lieux moins touristiques.

Cela peut sembler étrange, mais ici les principaux touristes sont souvent des groupes chinois arrivant en bus complets, mitraillant de photos sans vraiment se soucier des personnes autour. Nous avons envie de quitter cette ambiance pour retrouver quelque chose de plus authentique.

Dommage pour l’authenticité : notre premier arrêt, une cascade au milieu d’une zone désertique — magnifique, certes — regorge de vendeurs de babioles, de gâteaux, d’épices et d’eau de rose. Nous restons simplement le temps de profiter de la fraîcheur du lieu.

Nous empruntons ensuite une piste de plus de 25 km qui nous mène aux portes d’Abyaneh. Les paysages sont splendides. Cette nature aride, presque hostile au premier regard, se révèle pourtant accueillante.
Nous trouvons une petite rivière bordée de quelques arbres. Le spot parfait.

La ville d’Abyaneh, célèbre pour sa couleur rouge ocre et ses maisons en pisé, daterait du IIIe siècle. Le village est classé au patrimoine mondial de l’UNESCO.
Sans surprise, nous retrouvons le bus de touristes croisé quelques jours plus tôt. Nous décidons de revenir à l’aube. Le lendemain matin, le calme nous permet enfin de nous faufiler dans les ruelles étroites et de randonner sur les collines environnantes. Nous découvrons des maisons troglodytes et un ancien temple zoroastrien. Les traces du zoroastrisme, religion ancestrale de l’Iran, sont encore très présentes dans cette région.

11. Ispahan, la perle de la Perse.

Prochaine étape : Ispahan, la perle de l’Iran.

Nous choisissons de nous installer à l’extérieur de la ville, dans un parc avec un peu de verdure — chose rare dans cette région. Nous faisons les allers-retours en « Snap », l’application locale de taxi. Pour un ou deux euros et une trentaine de minutes de trajet, c’est idéal.

Un jour, notre chauffeur, chanteur à ses heures perdues, nous interprète une de ses chansons avant de nous inviter à déjeuner. Même après un mois en Iran, nous restons surpris par cette générosité.

Pourquoi surnomme-t-on Ispahan « la perle de l’Iran » ? Nous le comprenons très vite.

Certes, la ville est touristique, mais nous nous y sentons bien. Il y a toujours une nouvelle ruelle à découvrir, de l’artisanat, des patios, des terrasses de café — assez rares jusqu’à présent. La ville, bien irriguée, offre un contraste saisissant avec les étendues désertiques qui l’entourent.

L’artisanat local avec son cuivre et ce métal magnifiquement décoré.

La place Place Naghch-e Djahan — aussi appelée place du Roi — est l’une des plus grandes places au monde, classée à l’UNESCO. Elle est entourée de monuments majestueux : la mosquée du Shah, la mosquée Cheikh Lotfallah, le palais Ali Qapou, le Grand Bazar.

Autrefois, elle servait même de terrain de polo pour les cavaliers du roi.

La nuit, la ville change complètement. L’atmosphère devient plus douce, plus intime. Un autre charme opère.

En dehors de la place, Ispahan continue de surprendre.

Ses ponts magnifiques deviennent le soir des lieux de rassemblement où les artistes se retrouvent. Les chants s’y font discrets, presque clandestins, dans un pays où la musique reste étroitement contrôlée. Une liberté fragile, murmurée plus qu’affichée.

Nous découvrons aussi le quartier arménien et la cathédrale Cathédrale Saint-Sauveur d’Ispahan. Après notre passage en Arménie, nous sommes étonnés par la richesse des décorations ici, bien plus élaborées que les églises arméniennes, souvent plus sobres.

La cathédrale Saint Sauveur dans le quartier Arménien.

12. Le désert iranien, l’immensité silencieuse.

Impossible de parler de l’Iran sans évoquer le désert.

Oui, c’est un pays aride. Mais durant toute notre traversée, nous avons été impressionnés par la diversité des paysages : montagnes colorées, dunes de sable jaune, lacs salés, plaines asséchées, roches volcaniques.

Mais cette terre hostile abrite quand même la vie, les caravansérails, anciens relais pour les nomades et les marchands. Nous avons dormi dans certains lieux totalement isolés, profitant de ces infrastructures aujourd’hui abandonnées, témoins d’un passé vibrant.

Un paysage aride mais vraiment impressionnant.

Les caravansérails.

13. Yazd, la cité des tours du vent.

Après avoir visité Ispahan et passé quelques jours dans le désert, nous nous sentions tellement comblés et heureux que nous n’avions pas du tout effectué de recherches pour la suite de notre périple. Nous partons presque sans préparation vers Yazd, où nous retrouvons Christian, rencontré en Grèce et recroisé depuis dans chaque pays.

Installé ici depuis quelques jours, il nous parle longuement de son histoire, sa culture, du zoroastrisme, très présent à Yazd. La ville serait l’une des plus anciennes du monde, après Ur en Mésopotamie, elle était connue 3000 ans avant J-C sous le nom de Yasatis. 

Fondée sur une oasis, Yazd est l’une des villes les plus arides d’Iran. Son architecture est adaptée aux températures extrêmes : maisons en pisé, ruelles labyrinthiques, tours des vents — les « badguirs » — et anciens systèmes d’irrigation souterrains appelés « qanats ».

Les tunels pour arriver aux « qanat ».

Tout est fait pour garder la fraicheur, tour des vents et ruelles étroites.

Les tours du Silence et le temple du Feu nous permettent de mieux comprendre cette religion zoroastrienne qui dominait le plateau iranien avant la conquête arabo-musulmane.

Les tours du silence servaient pour les rites funéraires.

Nous avons vu et ressenti beaucoup de choses en Iran, mais Yazd restera pour nous un véritable coup de cœur.

Notre spot, idéalement situé dans le centre historique, nous permet de flâner jour et nuit dans les ruelles millénaires, simplement pour nous imprégner de cette atmosphère hors du temps.

14. Persépolis et Shiraz, héritage de l’empire perse.

Pour conclure en beauté ces 45 jours en Iran, quoi de mieux que de passer par l’ancienne cité de Persépolis ? Contempler ce vaste complexe palatin et les tombes royales dominant les ruines de l’ancienne capitale achéménide est un moment fort.

On a l’impression de retomber en enfance, lorsqu’on découvrait ces pages d’histoire à l’école ; sauf qu’ici, les pierres remplacent les images des manuels. Ce que l’on croyait abstrait devient concret : on ne se contente plus d’apprendre l’Histoire, on la voit et on la comprend autrement. 

Le temps nous manque pour profiter pleinement de Shiraz. Mais ce qui rend ce pays si particulier, c’est que chaque ville apporte quelque chose de nouveau, tant culturellement qu’humainement.

Le magnifique bazar de Shiraz.

15. Sur la route, anecdotes iraniennes.

Je ne pouvais pas clore ce chapitre sans vous parler du diesel et des voitures en Iran.

C’est le pays qui a le carburant le moins cher du monde mais cela se paye d’une autre manière… le système est complexe. Seuls les chauffeurs de camion possèdent une carte carburant. Sans carte, pas de gasoil.

Nous devons donc demander à utiliser la leur, quand leur quota n’est pas déjà épuisé. Les prix affichés (6 centimes d’euro le litre) ne reflètent pas toujours la réalité. Il nous est souvent arrivé de recevoir 40 litres sans rien payer. Parfois, avec l’accord du chauffeur, il faut siphonner un camion, heureusement pas souvent pour notre cas.

Pour 3 745 km, nous avons dépensé à peine 10 euros, une surprise presque irréelle. Certes, le diesel n’est pas toujours d’une grande qualité, mais à ce prix là, difficile de ne pas y voir le revers de la médaille.

 

La reine des routes iraniennes reste la Peugeot 405 Pars. Elle est produite localement, avec des pièces souvent chinoises. D’autres marques inconnues pour nous sont également en grand nombre ici.

Malgré le carburant bon marché, les Iraniens ne sont pas extravagants comme dans certains pays voisins du Golfe.

Au moment où j’écris ces lignes, nous avons quitté l’Iran pour le Koweït. Suite à des événements dans la région du Baloutchistan, nous avons décidé de reporter notre projet vers l’Inde au printemps.

Lorsque nous avons commencé ce voyage, nous étions émus. Aujourd’hui, avec du recul, nous mesurons la chance immense d’avoir découvert ce pays, profondément marqués par la richesse humaine de ses habitants, par une hospitalité presque inégalée, par cette culture perse vieille de plusieurs millénaires et par la diversité de ses paysages, souvent à couper le souffle.

Nous refermons ce chapitre, mais notre cœur reste ouvert. Nous espérons qu’à travers ces mots, vous aurez pu voir l’Iran autrement que par le prisme souvent proposé en Occident. Comme tant d’autres voyageurs avant nous, nous pouvons le dire sans hésitation : l’Iran et son peuple valent infiniment la peine qu’on s’y attarde.

 

Share this post

8 comments

  1. Génial, j ai adoré ton article, les photos. Vous nous faites voyager, ça donne trop envie.
    bisous à tous les deux

  2. Super article et photos, vous nous avez fait partager la beauté d’un pays mal connu et l’émotion que vous avez ressenti. Bises à tous les deux

    1. Merci Seb, tu n’es pas très loin pour aller faire un petit tour si jamais 🤗, tu peux faire le choix des choses à voir. La bise à la famille

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *