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Rajasthan, sur les traces des Maharadjahs…

Rajasthan, sur les traces des Maharadjahs…

Période du 07 novembre au 07 décembre 2024...

Après plusieurs mois sans publication, je profite d’une pause au « Mont Tabu », dans le sud du Rajasthan, pour documenter nos nouvelles impressions de voyage en Inde. Nous repensons encore souvent à notre incroyable aventure dans l’Himalaya et, après deux mois de pause en Europe, nous abordons avec un peu d’appréhension le prochain chapitre de notre périple dans cet immense et si diversifié pays qu’est l’Inde.

Petra est restée un mois de plus en Allemagne pour régler quelques affaires personnelles. J’en ai profité pour consulter un dentiste et me rendre tranquillement à Pushkar, première étape de notre nouveau voyage. Nous avons décidé de concentrer notre itinéraire sur le Rajasthan afin de ne pas passer tout notre temps sur les routes : comme nous l’avons déjà constaté ici, le temps de conduite peut se multiplier par trois ou quatre. Nous reprenons notre périple en novembre, une période idéale pour notre style de voyage : des journées ensoleillées et agréables, et des nuits fraîches.

8 novembre : Petra est enfin de retour en Inde. Nous sommes réunis et pouvons commencer notre second road trip, qui sera tout aussi passionnant et émouvant que le premier.

1. Pushkar, le lac sacré du dieu Brahma.

Pushkar (en sanskrit, « lotus bleu ») est l’une des plus anciennes villes de l’Inde. Selon la légende, elle aurait été fondée par le dieu Brahma lui-même. Un cygne portant un lotus dans son bec aurait été envoyé par les dieux dans la région, et l’endroit où la fleur est tombée donna naissance au lac sacré de Pushkar. La ville fut également bénie par la construction de l’un des rares temples hindous dédiés à Brahma.

Nous garons notre véhicule dans une ferme située près du centre-ville. Pour notre plus grand plaisir, le propriétaire, Chotus, y prépare les viennoiseries destinées à sa French Bakery du centre-ville. Chaque matin, nous dégustons des baguettes fraîches, ce qui est une rareté en Inde. Pushkar compte plus de 400 temples et regorge désormais de boutiques de bijoux et de vêtements, pour le plus grand plaisir de Petra.

Nous arrivons juste à temps pour la Mela annuelle de la pleine lune d’automne (fête traditionnelle en Inde). C’est un immense marché aux chameaux et, pour des milliers d’hindous, l’occasion de faire le pèlerinage vers l’un des quatre lieux les plus sacrés de l’Inde. Pendant cette période de pleine lune, des pouvoirs purificateurs particulièrement puissants sont censés agir dans le lac.

Le lac sacré de Pushkar.

Nous avons pu profiter pleinement de l’énergie du lieu, nous promener le long du lac, savourer de délicieux plats ou simplement admirer des couchers de soleil spectaculaires.

La Pushkar Mela est l’une des plus grandes foires aux chameaux d’Inde. Le rassemblement a lieu sur la grande esplanade à l’ouest de la ville, où des milliers de chameaux et leurs chameliers arrivent de toutes parts. Les tentes sont installées pour une durée d’environ un mois.

Pendant la Mela, nous avons pu assister à différents concours, dont celui du chameau le mieux décoré et celui de la plus belle moustache.

Les différents concours durant la mela.

Ici, nous rencontrons de nombreux autres animaux, mais c’est le Marwari, le cheval des Maharadjahs, qui domine cette foire. Le Marwari est l’une des cinq races de chevaux indigènes de l’Inde. Originaire du Rajasthan, il se distingue par ses oreilles incurvées vers l’intérieur en forme de croissant de lune, un trait unique chez les chevaux. Aujourd’hui, le Marwari est principalement utilisé lors des festivités. Paré de bijoux, il est la fière monture du fiancé venant chercher sa future épouse.

Nous avons également eu la chance de partager de merveilleux moments avec mes parents, qui revenaient en Inde pour un pèlerinage après environ quinze ans.

2. Bundi, la ville des maharadjahs Hada

Après avoir passé une dizaine de jours à Pushkar, il est temps de reprendre la route.

Bundi, notre prochaine étape, se trouve à environ trois heures de route. Cette petite ville est connue pour son fort et ses ruelles, qui offrent un spectacle vraiment pittoresque. Le palais Garh trône fièrement sur la ville et s’accroche aux flancs de la colline. Cet imposant chef-d’œuvre de l’architecture rajput nous laisse sans voix.

L’atmosphère paisible de Bundi est une véritable pause après le tumulte de Pushkar. Avec un peu de chance, nous trouverons un emplacement juste au bord du lac, face au palais, offrant une vue spectaculaire de jour comme de nuit. Nous visiterons le fort presque seuls – quel contraste avec Pushkar ! Nous aurons tout le temps d’admirer les magnifiques peintures. Les couleurs sont riches et vibrantes, avec beaucoup de bleu persan et de verts superposés.

Lors de notre visite de la ville, nous passons devant de magnifiques baoris, typiques des zones désertiques du Rajasthan. Ces puits à paliers servaient à stocker l’eau en période de sécheresse, mais aussi à organiser des festivités pour le Maharadjah et sa cour. Comme l’eau est encore abondante à cette saison, certaines parties des structures ne sont malheureusement pas visibles.

Le Raniji Ki Baori.

Loin d’être lassés de cette atmosphère reposante, nous reprenons la route pour nous installer près des cascades de Bhimlat Mahadev. Un lieu véritablement magique, où se mêlent les chutes d’eau, une forêt en plein cœur d’une zone désertique et une faune locale abondante, avec des singes toujours à l’affût du moindre objet laissé sans surveillance. Juste à côté de nous, un touriste venait de payer le prix de sa témérité face à ces petits Arsène Lupin.

C’est ici, à Bundi et dans ses environs, que Kipling aurait trouvé l’inspiration pour écrire Le Livre de la Jungle. Ou peut-être simplement pour fuir les singes !

 

Les cascades de Bhimlat Mahadev.

3. Chittogarh, la fierté des Rajpoutes.

Le lendemain, nous partons pour Chittorgarh, célèbre pour sa forteresse dont les origines remontent au VIIIᵉ siècle. Nous avons la chance de trouver un emplacement tranquille sur les hauteurs du fort. Avant notre roadtrip en Inde, nous avions lu de nombreux blogs et nourrissions quelques inquiétudes concernant le manque d’intimité lors des bivouacs, un sujet qui revenait sans cesse dans les commentaires. Certes, le Rajasthan est plus paisible, mais jusqu’à présent, nous n’avons jamais ressenti cette omniprésence d’une foule nous observant en permanence ou frappant à notre porte pour jeter un œil à notre fourgon (les selfies sont toujours là, mais c’est le revers de la médaille 🙂).

Nous partons dès le matin pour explorer ce complexe, qui s’étend sur environ 2,8 km² et plus de 13 km de murailles. Nous nous concentrons sur les zones les mieux préservées. Une fois encore, la beauté et la finesse des décorations nous coupent régulièrement le souffle. Plus que jamais au cours de notre voyage, nous nous sentons privilégiés de pouvoir vivre ces instants et découvrir des lieux aussi extraordinaires.

Le temple du dieu Shiva à trois visages.

4. Udaipur, la romantique cité des lacs.

Quitter ces oasis de tranquillité pour rejoindre Udaipur me rendait un peu nerveux. Les villes indiennes sont souvent bruyantes et polluées… mais Udaipur, avec ses 470 000 habitants et très prisée des tours opérateurs, fut une agréable surprise. Une véritable oasis au cœur de la sécheresse, où le palais semble flotter sur les eaux. Pour les cinéphiles, c’est ici qu’une partie du James Bond Octopussy fut tournée en 1983. L’atmosphère y est détendue, presque intemporelle, et il n’est pas étonnant qu’on parle d’Udaipur comme de la « Venise de l’Inde » ou de la « dolce vita » à l’indienne.

La Dolce Vita à l´indienne.

Nous passerons quatre jours à flâner dans les ruelles étroites de la ville, à grimper sur d’innombrables terrasses pour admirer le lac scintillant ou à explorer des palais transformés en hôtels de luxe. Dans la vieille ville, le palais en marbre blanc nous a impressionnés par sa pureté et sa finesse. Et lors d’une promenade en bateau au coucher du soleil, la lumière dorée enveloppait la ville, faisait miroiter le lac et transformait chaque palais et chaque façade en un véritable tableau vivant.

5. En route vers Mont Abu.

Pour rejoindre notre prochaine destination, le Mont Abu, nous avons étudié l’itinéraire afin de nous arrêter sur deux points qui attiraient particulièrement notre attention.

1/ Khumbalghar.

Le premier arrêt est le fort de Khumbalgarh. Avec son mur d’environ 36 km de long, ce fort vieux de plus de 500 ans possède le deuxième mur le plus long au monde, juste derrière celui de Chine. Selon Google, il devait être fermé le dimanche de notre arrivée… mais en Inde, Google ne sert pas à grand-chose : tout le monde y met ce qu’il veut, à prendre mais surtout à laisser ! Et surprise : un festival de trois jours battait son plein. Partout, des danseurs en costumes flamboyants accompagnaient les tambours résonnants, et des bannières colorées animaient la scène. Une véritable immersion dans la vie locale et les festivités, que nous avons savourée à chaque instant.

La muraille de Khumbalghar. .

La muraille de Khumbalghar. .

2/ Ranakpur.

Notre deuxième étape nous mène à l’un des temples jaïn les plus impressionnants de toute l’Inde. Il est entièrement construit en marbre blanc et soutenu par 1444 colonnes, toutes décorées avec un soin remarquable. Le travail des artisans, sculpté directement dans la pierre, est vraiment impressionnant.

Le jaïnisme, l’une des religions les plus anciennes, repose sur le principe de non-violence et de respect de tous les êtres vivants. Cela se reflète dans leur alimentation strictement végétarienne et dans certaines précautions, comme se couvrir la bouche avec un chiffon pour ne pas avaler accidentellement un insecte. Ici, même les moustiques ont droit à un petit sursis.

Il est interdit de prendre des photos à l’intérieur du temple. On comprend tout à fait par respect pour les lieux sacrés… mais le panneau à la caisse indique qu’avec quelques roupies de plus, on peut utiliser son smartphone ou sa caméra 😄 Comme quoi, le respect a parfois un prix.

 

 

3/ Mont Abu

Cette montagne se situe sur le plateau des monts d’Aravalli, à environ 1 200 mètres d’altitude. Le centre-ville est très touristique, animé par une foule de visiteurs venus profiter du climat et des panoramas, mais l’ensemble conserve quand même une atmosphère paisible et agréable.

La zone est également parsemée de nombreux centres Brahma Kumaris, un mouvement spirituel fondé sur l’hindouisme qui prône la méditation, la paix intérieure et la transformation personnelle. Les visiteurs viennent ici chercher calme et sérénité… 

Nous avons trouvé notre spot sur une petite colline tranquille, parfait pour digérer les impressions des jours précédents. La quiétude y règne… enfin presque, car il faut parfois partager le lieu avec des ours, des militaires en exercice ou des méditants profondément concentrés. Heureusement, ces trois-là ne se croisent pas souvent… sinon cela pourrait donner un mélange pour le moins… inattendu !

Partout sur la colline, les bouteilles cassées rappellent que l’art de la détente a aussi trouvé sa place en Inde. Quoi qu’il en soit, Mont Abu reste une halte sereine et pleine de charme, où nature, tourisme et méditation cohabitent de façon surprenante.

Même si de nombreuses vaches, y compris sacrées, ne vivent pas toujours dans les meilleures conditions, certaines savent malgré tout poser comme de vraies stars sur le bord de la route… impossible de ne pas s’émerveiller !

La route continue, et notre périple se poursuit. Nous vous partagerons dès que possible de nouvelles impressions de cette magnifique région du Rajasthan.

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