Nous voici arrivés à un moment que nous attendions avec impatience… notre entrée au Népal.
Il y a plus de deux ans, nous avions fait le choix de prendre la route vers l’Est, avec un rêve en tête : atteindre un jour le Népal à bord de notre fourgon.
Et voilà, après plus de 60 000 kilomètres parcourus, nous y sommes enfin. Ce 27e pays marque une étape symbolique de notre aventure, car ici, nous frôlons les hauteurs du monde. Certes, l’hiver et l’état des routes nous empêcheront d’approcher les sommets de plus près, mais déjà les contempler, même de loin, a quelque chose de magique.
1. Vers Katmandou, premiers défis sur la route.
C’est sous un ciel gris et lourd de nuages que nous quittons l’Inde, plus précisément le West Bengal, pour entrer au Népal.
Le passage de frontière ne nous est pas étranger : trois semaines auparavant, nous l’avions déjà franchie pour rejoindre Darjeeling. Certaines frontières sont plus exigeantes que d’autres, mais jusqu’ici, nous avons toujours été chaleureusement accueillis. À chaque fois, notre fourgon suscite la curiosité : les gardes, intrigués par notre périple, se montrent aussi émerveillés qu’enthousiastes lors de la visite du véhicule.
Une fois la frontière passée, la grisaille persiste durant trois jours, voilant la beauté pourtant bien réelle de la région. C’est dommage, car ces paysages mériteraient d’être découverts sous un ciel dégagé.
La route vers Katmandou, elle, se révèle une fois de plus être un véritable défi et nous comprendrons vite que cela deviendra une constante au Népal. À plusieurs endroits, les inondations ont emporté la chaussée, laissant place à d’énormes cratères et à des détours improvisés sur des pistes de fortune.
Après trois jours de ciel gris, le soleil est enfin de retour. Sur la Sindhuli Road, sa lumière éclaire une scène inattendue, un long mur couvert de petits miroirs. Ici, chacun peut en accrocher un en offrande à la déesse Sati Devi Mata, dans l’espoir d’être protégé des accidents. Un geste de foi suspendu au bord de la route, reflet de l’âme spirituelle du pays.
2. Bhaktapur, entre foi et tradition.
Bhaktapur est l’une des trois anciennes cités royales de la vallée de Katmandou. Très vite, nous tombons sous le charme de cette ville et y passons cinq jours merveilleux. Nous ne nous lassons pas d’arpenter les ruelles, de nous imprégner de cette atmosphère unique de jour comme de nuit.
Malgré le puissant tremblement de terre de 2015, le centre-ville a su préserver toute son authenticité. D’innombrables temples témoignent encore de la splendeur passée, tandis que chaque rue, chaque maison, semble vibrer de spiritualité. Autels, statues, symboles sacrés… la foi s’invite dans le quotidien, discrète mais omniprésente.
Nous croisons souvent de petits espaces couverts, véritables lieux de rencontre, prisés surtout par les aînés. Ici, la vie se vit dehors, et la communauté a une place centrale, chaleureuse et vivante.
C’est ici, au détour d’un atelier, que nous trouvons notre bol tibétain, façonné à la main.
Il nous accompagnera désormais, comme un morceau de Bhaktapur emporté avec nous.
3. Nagarkot, vue magique sur l’Himalaya.
Nous arrivons à Nagarkot, véritable joyau niché dans la vallée de Katmandou.
Tel un poste d’observation suspendu entre ciel et terre, ce lieu offre une vue panoramique époustouflante sur les plus hauts sommets enneigés du monde. Nous avons la chance de pouvoir nous garer directement sur le parking du point de vue. Juste à temps pour le coucher du soleil, nous découvrons dans toute sa splendeur l’immensité de la chaîne himalayenne, semblant s’étirer à l’infini.
Le lendemain matin, ce ne sont pas notre réveil qui nous tire du sommeil à 6h, mais une vingtaine de personnes venues, comme nous, assister au lever du soleil. Un café chaud à la main, nous les rejoignons dans le calme matinal. Nous attendons, le souffle suspendu que les premiers sommets s’embrasent d’or, bien avant que le soleil ne fasse son apparition.
Face à cette puissance silencieuse de la nature, nous nous sentons infiniment petits.
Ces instants, nous les vivons intensément, profondément, pour pouvoir les emporter avec nous, comme un écho intérieur à chérir encore longtemps.
4. Patan, le charme royal.
Majestueuse et animée, une ville pleine de contrastes.
Avec Patan, nous découvrons la seconde cité royale du Népal. Comme à Bhaktapur, l’accès au vieux centre-ville est payant, mais cela prend tout son sens lorsqu’on voit la minutie avec laquelle les bâtiments historiques ont été restaurés après le terrible séisme de 2015.
Ici, l’activité est plus marquée. Il faut un petit temps d’adaptation pour se fondre dans le rythme de la ville. Mais très vite, la majesté des temples et du palais royal prend le dessus, effaçant le tumulte ambiant.
Impossible de dire combien de temples nous avons explorés… certains, petits et presque invisibles, se révélaient d’une beauté saisissante.
Le plus marquant reste sans doute le Temple d’Or, caché au fond d’une ruelle étroite — un véritable joyau inattendu.
5. Katmandou, calme au stupa, chaos sous le capot.
Notre direction assistée ne fonctionne plus comme elle le devrait… Heureusement, Xavier trouve un atelier qui accepte de s’en occuper. Il faut dire que les Mercedes sont rares au Népal ! C’est un soulagement de pouvoir effectuer au moins une réparation provisoire. Avec un peu de chance, cela suffira pour atteindre un pays où les pièces de rechange seront plus accessibles.
Pendant ce temps, Pétra profite du calme de la guesthouse d’un monastère, non loin du stupa de Swayambhu. Elle y passe un beau moment, entourée de l’atmosphère paisible des lieux. Le matin, elle croise de nombreux fidèles venus accomplir leur kora, cette circumambulation rituelle autour de la colline sacrée. Le rythme lent, les murmures des prières, les drapeaux colorés flottant dans le vent : tout invite au recueillement. Un moment paisible, empli de ferveur.
Avec la capitale Katmandou, nous découvrons la troisième cité royale de la vallée, et donc la troisième Durbar Square. Une nouvelle fois, nous sommes fascinés par l’architecture : les temples, les palais, les sculptures, tout témoigne d’un riche passé. Même si nous commençons à bien connaître ce style, il continue de nous impressionner.
Cela dit, la grande ville n’a pas le charme tranquille de Bhaktapur. Le quartier de Thamel, haut lieu du tourisme, bouillonne de boutiques, de rickshaws et de sons divers. Une courte promenade et un déjeuner suffisent à satisfaire notre curiosité avant de retrouver des lieux plus calmes.
6. Kulkhani lake, le calme au bord de l'eau.
Avant de partir, nous faisons un détour par l’Himalayan Pitschil Run Academy, une école fondée par des Autrichiens. Comme la nièce de Pétra, Zoé, envisage d’y faire du bénévolat cet automne, il nous semblait naturel d’aller la visiter. Nous sommes chaleureusement accueillis par le directeur, et découvrons une belle initiative, destinée à offrir une éducation à des enfants dont les familles n’en ont pas les moyens.
Au Népal, les ponts suspendus sont omniprésents pour permettre aux habitants de franchir rivières et vallées. Mais pour Pétra, traverser l’un d’eux reste un défi. Il faut encore une fois affronter le vertige… et, comme au Pakistan, elle y parvient avec courage.
Après cette étape, il ne nous reste plus que 23 kilomètres à parcourir jusqu’à notre prochaine destination. Heureusement, nous suivons cette fois les routes principales — mais même sur ces axes dits « faciles », il nous faudra plus de deux heures et demie. Une fois arrivés, nous nous installons confortablement au bord d’un lac paisible. Cela faisait longtemps que nous n’avions pas trouvé un endroit aussi calme et reposant.
Malheureusement, les environs ne se prêtent pas bien à la marche : les chemins sont très poussiéreux, et il n’y a pas de sentiers de randonnée à proximité, seulement des routes. Mais pour le reste, tout est parfait.
Le temps est généralement clément en journée, assez pour recharger nos batteries solaires et profiter pleinement de l’extérieur.
Xavier, fidèle à lui-même, ne tarde pas à s’occuper de son passe-temps favori : bricoler le fourgon. Cette fois, il s’attèle au frein à main, qui nécessitait un bon nettoyage pour retrouver un peu d’adhérence.
Nous passons donc le temps autrement, entre moments avec la nature, les animaux, lectures, sport, préparation de l’itinéraire… et les vibrations apaisantes de notre bol chantant, que nous apprenons doucement à connaître.
7. Direction Chitwan, freinés net...
Ce n’était pas du tout prévu… Aujourd’hui, nous devions prendre la route en direction de notre safari, qui devait débuter le 24. Comme souvent, la route est en mauvais état, alternant montées abruptes et descentes en lacets.
Mais alors que nous entamons une série de virages en descente, la direction lâche soudainement : plus d’assistance, plus de contrôle. Par chance, nous réussissons à nous garer en sécurité sur un petit accotement.
Voici la version courte de ce moment de stress intense : une dépanneuse est organisée relativement vite… mais il faudra attendre quatre heures avant qu’elle n’arrive. Et là, surprise : elle est bien trop petite pour notre véhicule. Deux heures supplémentaires passent avant qu’une plus grande dépanneuse finisse par arriver, vers 22h. À 2h du matin, notre fourgon est enfin déposé au garage de Katmandou — celui que nous connaissons déjà.
Le trajet jusque-là n’a pas été de tout repos : plusieurs arrêts ont été nécessaires pour resserrer les sangles et soulever des câbles pendants qui bloquaient notre passage. Une journée longue, intense, pleine de tensions… mais aussi marquée par un incroyable enchaînement de petits coups de chance dans la malchance.
8. Katmandou, deux semaines... et une pièce de rechange plus tard.
Exactement quatorze jours plus tard, nous pouvons enfin quitter l’atelier. Il nous a fallu beaucoup de nerfs et de patience pour recevoir, enfin, la pièce de rechange expédiée depuis la France. Un grand merci à Vincent, notre ami voyageur, sans qui cela aurait été bien plus compliqué !
Heureusement, ce garage s’est révélé être plus qu’un simple atelier : un vrai lieu de passage pour overlanders. Grâce aux rencontres faites sur place, le temps a semblé un peu moins long. Pendant que Xavier passait ses journées à visser et bricoler encore quelques détails, Pétra a pu se faire chouchouter un peu dans un petit salon de beauté local, histoire d’apaiser les tensions des derniers jours.
Et malgré cette parenthèse forcée, nous avons pu profiter de quelques belles balades dans Katmandou… en autre le Boudhanath stupa et savourer de très bons repas. Une pause inattendue, mais pas dénuée de beaux moments.
9. Pokhara, des retrouvailles hautes en couleur.
La route principale entre Katmandou et Pokhara demande une bonne dose de patience. Entre les travaux omniprésents, les déviations, les nids-de-poule et la poussière, la progression est lente et fatigante. En fin d’après-midi, plutôt que de continuer jusqu’à Bandipur comme prévu, nous décidons de nous arrêter sur une aire de pique-nique au bord de la rivière.
C’est le week-end, et nous assistons une fois de plus à l’enthousiasme des Népalais pour la fête. Un bus entier rempli de familles profite des lieux pour manger, danser et passer du bon temps. Les enfants s’approchent d’abord avec curiosité, puis ce sont les femmes qui viennent nous inviter à danser avec elles. Et en un instant, nous voilà au cœur de la fête ! Une belle fin d’après-midi, joyeuse et inattendue, qui fait du bien après une journée éprouvante sur les routes.
Avant d’atteindre Pokhara, nous arrêtons à Bandipur, charmant village piétonnier perché dans les montagnes. Très touristique, certes, mais agréable pour flâner dans ses ruelles tranquilles, boire un thé, savourer un repas dans les petits cafés et profiter d’une courte promenade dans les environs.
Avec nos soucis de fourgon, nous atteignons finalement Pokhara bien plus tard que prévu. À notre arrivée, nous sommes un peu déçus : la ville est très touristique, difficile d’y trouver un coin tranquille en pleine nature, et les montagnes se laissent à peine deviner. Nous avions pourtant prévu de faire du trekking dans les montagnes de l’Himalaya, mais les deux semaines passées à Katmandou nous ont fait renoncer à cette partie du voyage.
Mais cette première impression est vite oubliée. Nous retrouvons Arthur, le fils de Xavier, qui a troqué ses pinceaux contre un gîte et le couvert en échange de quelques peintures murales. Et puis il y a Daniel et Bea, que nous avions rencontrés en Géorgie à l’été 2023, avec eux, nous passerons du temps et grâce à Béa nous pourrons profiter de faire un peu de yoga. Des retrouvailles chaleureuses autour de bons repas et d’une belle fête des couleurs, Holi, qui est l’une des célébrations les plus colorées de l’Inde et du Népal.
Holi symbolise la victoire du bien sur le mal, le triomphe de la lumière sur l’obscurité. La fête est marquée par des rassemblements joyeux où les participants se jettent de la poudre colorée, dansent, chantent et partagent des moments de convivialité. Un moment de plaisir pur, qui casse les barrières sociales et rassemble tout le monde dans une explosion de couleurs.
Notre petit coin de parking, en pleine ville mais au bord du lac, s’avère finalement parfait : calme, central, et propice aux bons moments.
10. Chitwan, notre safari tant attendu.
Juste avant notre départ du Népal, nous avons enfin pu réaliser notre safari dans le parc national de Chitwan, un moment inoubliable. Malgré la popularité touristique de l’endroit, notre guide Kagendra a fait un travail exceptionnel pour nous permettre de nous immerger pleinement dans le paysage, loin des foules.
Le premier jour, après une marche de 18 km, nous avons traversé des paysages de steppe à couper le souffle.
Ce qui nous a le plus impressionnés, c’est la façon dont les animaux surgissaient presque sans prévenir, comme s’ils sortaient du décor. À chaque instant, la nature semblait pouvoir nous surprendre. Le point culminant de cette expérience fut la rencontre avec une maman rhinocéros et son petit — un moment à la fois magique et délicat, car la présence de son bébé rendait la situation potentiellement dangereuse. Un instant rare, chargé d’émotion et d’adrénaline, qui nous a une fois de plus remplis de bonheur et d’émerveillement.
Le lendemain, dès l’aube, nous avons pris la route en jeep, traversant une campagne encore endormie…
Plus tard, une sortie en kayak nous a menés tout près des crocodiles et des caïmans. Leur présence, si proche, a fait naître un frisson d’inconfort — fascinant et inquiétant à la fois. Mais le moment le plus marquant fut sans doute la nuit passée dans une tour d’observation, au cœur de la jungle. Isolés, enveloppés par les sons de la nature, nous scrutions les ombres jusqu’à ce que la nuit tombe complètement. Un ours a traversé notre champ de vision, calme et massif, tandis qu’un léopard s’est laissé deviner au loin. Ces instants suspendus, sauvages et précieux, ont une nouvelle fois rempli nos cœurs de joie et d’émerveillement.
Sans l’ombre d’un doute, le Népal, avec ses rencontres authentiques, ses paysages majestueux et ses moments inoubliables, a été une expérience à la fois marquante et enrichissante.
Entre l’effort des routes chaotiques et la sérénité des monastères, chaque étape de notre voyage nous a permis de découvrir un peu plus ce pays fascinant.
Des villages tranquilles de Bhaktapur aux lacs paisibles de Pokhara, en passant par les rencontres avec la faune sauvage à Chitwan, nous avons vécu une aventure pleine de contrastes, mais aussi de joie, d’émotions et de découvertes.
Le Népal restera gravé dans nos mémoires comme un lieu où l’hospitalité, la beauté et la nature s’entrelacent pour offrir une expérience unique et inoubliable.
Merci Muriel, profitez vous aussi de votre mini roadtrip 🤗😘
Merci a vous deux de ce super reportage qui m’a fait voyagé dans ma tête et sortir de mes tracas de santé (en cours de rééducation cardio pulmonaire actuellement).
Les images choisies sont de qualité et très belles. Tant les bâtiments que la nature vaut d’être vu.
Xavier, les années n’ont de prise sur toi hormis le port de lunette pour bricoler (je rigole).
Merci pour ce moment de bonheur sous le soleil des PO ce matin.
Profitez de la vie, et n’hésitez a partager votre bonheur de voyageurs.
Et par « Saul »… vive l’aventure
Kikou, comme à chaque fois c’est un régal de vous lire,que de joie et d’émotion, pleins de bisous à vous deux 😘😘😘
Merci Muriel, profitez vous aussi de votre mini roadtrip 🤗😘
Merci a vous deux de ce super reportage qui m’a fait voyagé dans ma tête et sortir de mes tracas de santé (en cours de rééducation cardio pulmonaire actuellement).
Les images choisies sont de qualité et très belles. Tant les bâtiments que la nature vaut d’être vu.
Xavier, les années n’ont de prise sur toi hormis le port de lunette pour bricoler (je rigole).
Merci pour ce moment de bonheur sous le soleil des PO ce matin.
Profitez de la vie, et n’hésitez a partager votre bonheur de voyageurs.
Et par « Saul »… vive l’aventure
Merci Nicolas pour ces sympathiques mots. Désolé d’apprendre pour ton état santé, j’espère que tu te rétabliras bientôt. Amitiés
Petra et Xavier